L’été des gros bonhommes

PHOTO TIRÉE D'INSTAGRAM LeBron James a envoyé un message aux Cavaliers et à l'agent de Tristan Thompson, en encourageant les deux partis à en venir à une entente.

Simon Cremer

DeMarcus Cousins, LaMarcus Aldridge, Kevin Love, DeAndre Jordan et maintenant Tristan Thompson. L’été 2015 aura été marqué par le potentiel changement d’adresse de nombreux ailiers forts et centres de haut niveau. 

Pourtant, les Warriors de Golden State ont remporté leur premier championnat en jouant « petit », avec un alignement partant sans vrai centre naturel, axé sur la vitesse et l'agilité plutôt que la robustesse. Quand Andrew Bogut a laissé sa place dans leur cinq partant, dans les deux derniers matchs de la finale contre Cleveland, c’était un argument supplémentaire pour la révolution du small ball. Toutes les équipes, ou presque, peuvent jouer petit ou grand, à des degrés variés, mais les Warriors, Rockets de Houston et Hawks d’Atlanta ont poussé l'idée. Plutôt que d’entourer un centre physique d’un personnel de soutien, ce sont les joueurs plus petits et talentueux qui sont au coeur du succès d’une formation. 

Quand Andre Iguodola a pris la place de Bogut, c’était un argument de plus pour dire que les bigs traditionnels sont une espèce en voie d’extinction. 

Alors, si on s'éloigne des joueurs physiques, pourquoi tant de bruit autour de ces centres cet été?

C’est que, comme le professeur Georges Bitar l’a parfaitement expliqué, les grands joueurs talentueux sont une denrée rare. On entend par là ceux qui sont capables de marquer de plus loin que deux pieds du panier, qui peuvent passer le ballon sans paniquer et avoir un minimum de mobilité en dribblant. 

Ce sont des qualités qu’on trouve aisément chez les joueurs des positions 1 à 3 (meneur, garde et petit ailier), mais encore une fois, pour citer Georges, à talent égal, une équipe prendra assurément le joueur au plus grand gabarit. 

Nous voici donc avec un été où les rumeurs ont amplement circulé autour de ces centres ou ailiers forts, qui ont des atouts variables (LaMarcus Aldridge va probablement prendre des tirs de trois points, alors que DeAndre Jordan va rarement s’aventurer hors de la peinture), mais qui sont en forte demande. 

C’est sans doute pourquoi Tristan Thompson et son agent continuent de bouder les Cavaliers de Cleveland. Thompson est toujours sans contrat, mais Cleveland détiennent les droits exclusifs de négociation. LeBron James a déploré la situation, la qualifiant de distraction. 

Le plafond salarial dans l’Association va faire un bond stratosphérique sous peu. Les Cavaliers voient le coup venir, et espèrent signer Thompson à un contrat abordable, qui sera sous la valeur du marché quand viendra cette augmentation, alors que l’ailier fort canadien veut… exactement le contraire, soit arriver à une entente comparable à celle que ses pairs auront dans un an ou deux.

En bout de ligne, les deux camps ne sont sans doute pas très loin en termes monétaires. Mais de chaque côté, plus les négociations traînent, parce que d’un côté comme de l’autre, on tient à chaque dollar, plus le lien entre l’équipe et les joueur est ténu. Certains sites web ont rapporté que l’agent de Thompson voudrait le voir signer un contrat à long terme avec les Raptors de Toronto. 

Thompson n'a pas les capacités offensives des Aldridge ou Love de ce monde. Et l'avant du court des Cavaliers, avec Love, Anderson Varejao et Timofey Mozgov, est déjà passablement bien nanti. Mais dans un sport où un seul panier peut faire la différence, les équipes qui aspirent aux grands honneurs, comme Cleveland, ont tout intérêt à mettre toutes les chances de leur côté.