Qui arrêtera les Warriors?

Simon Cremer

Pariez contre les Warriors à vos propres risques. 

Golden State a conservé sa fiche immaculée hier, en revenant de l'arrière contre les Clippers de Los Angeles dans le quatrième quart, l'emportant 112-108. 

On aurait pu penser les Warriors fragilisés cette saison. Plusieurs équipes se sont améliorées alors qu'à San Francisco, la formation est restée essentiellement identique, et Steve Kerr, leur entraîneur-chef qui a tant impressionné à sa première année, est sur le carreau en raison d'une opération au dos. C'est Luke Walton qui dirige le banc à sa place.

On aurait aussi pu penser qu'enfin, les Clippers auraient le dernier mot contre leurs grand rivaux. Les deux équipes se sont manquées l'an dernier en séries, à cause de l'effondrement de Los Angeles contre Houston. Cette année devait être différente pour la bande à Doc Rivers. Le banc a été largement amélioré, avec l'arrivée de Lance Stephenson, Paul Pierce et Josh Smith. 

Les Clippers y ont cru pendant un certain temps, menant par un point à la fin du troisième quart. C'était sans compter sur Steph Curry, qui a continué son début de saison torride avec 31 points. Chef Curry a 179 points après cinq matchs. Un dénommé Michael Jordan est le seul à avoir fait mieux, atteignant 182 points au même point du début de la saison 1992-1993. 

Chris Paul et Blake Griffin étaient naturellement au centre de l'action pour les Clippers, avec 24 et 23 points respectivement, quoique Griffin aurait pu en avoir 25, n'eut été de l'intervention de Festus Ezeli. 

Sans aucun doute le meilleur Festus dans la NBA en ce moment. 

Harrison Barnes a aussi connu une excellente séquence en milieu de quatrième quart, avec un bloc de son propre crû, puis un dunk vicieux à l'autre bout du terrain. Il aurait voulu briser les reins des Clippers qu'il n'aurait pas pu mieux faire:

Ce qui continue d'émerveiller avec cette équipe, c'est la facilité avec laquelle ils continuent de jouer. Rares sont les équipes qui peuvent se partager le ballon comme les Warriors, y compris dans les moments chauds d'un match. Quand la pression monte, beaucoup de joueurs figent et se replient sur leurs instincts, c'est-à-dire de forcer un tir qui n'est peut-être pas idéal. Golden State a trouvé la recette pour contrer cet instinct. Sans avoir l'extrait vidéo pour le prouver, Luke Walton, dans le caucus des Warriors, n'avait franchement pas grand-chose à dire à ses joueurs, sinon de leur dire «c'est amusant, le quatrième quart. Il y a de la pression, c'est ce que vous faites le mieux. Allez vous amuser, gagnez ce match.»

Peut-être est-ce là la clé du succès de l'équipe, la préparation et l'état d'esprit des joueurs. Ils voient la tension des fins de match comme un défi, comme une pression positive. 

Jusqu'où est-ce que ça pourra les mener?